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      Chronique du 27 mars 2019

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Méfions-nous de l'épiphanie thermiqueDenys de Béchillon

https://www.lepoint.fr/5 juillet 2019

CHRONIQUE. L'urgence écologique qui saisit actuellement les Français ne doit pas faire oublier les autres problèmes auxquels notre société est confrontée.

Par Denys de Béchillon*
Publié le 05/07/2019 à 06:16 | Le Point.fr
Un Gilet jaune porte le drapeau d'Extinction Rebellion, ce mouvement qui reclame des mesures urgentes pour stopper la 6e extinction en cours.

Un Gilet jaune porte le drapeau d'Extinction Rebellion, ce mouvement qui réclame des mesures urgentes pour stopper la 6e extinction en cours. 

© Frédéric Scheiber / Hans Lucas

    • Chroniques de Monsieur le Professeur Denys de BéchillonJournal Le Point

      Qu'est-ce-qu'un bon parlementaire de la majorité ?

      La cause est entendue : pas un suce-pieds ni un nain de jardin. C'est même la raison pour laquelle la Constitution dispose dans son article 27 que « tout mandat impératif est nul ». Entendons par là que le député n'est pas la chose du parti auquel il est affilié. Ni d'ailleurs celle des électeurs de sa circonscription. Il est censé représenter la nation dans son ensemble et pas les ressortissants de son département, ses amis politiques ni même ses semblables par le genre, la couleur de peau, la religion ou les préférences sexuelles. L'inverse d'un automate, si vous préférez. On attend de lui qu'il réponde d'abord à sa propre conscience. Condorcet avait dit l'essentiel à ce propos : « Mandataire du peuple, je ferai ce que je croirai le plus con-forme à ses intérêts. Il m'a envoyé pour exposer mes idées, non les siennes. L'indépendance absolue de mes opinions est le premier de mes devoirs en-vers lui. »

      Indépendance, donc, mais jusqu'à un certain point. L'esprit de la Ve Ré-publique, a fortiori sous l'empire d'un mode de scrutin majoritaire, appelle précisément la composition d'une majorité de qui l'on attend un soutien à peu près fidèle au gouvernement et au président de la République. En tout cas, la machine est désormais réglée dans cette configuration. On a voulu que les élections législatives aient lieu après la présidentielle pour que les Français puissent offrir au chef de l'État les moyens de mettre en œuvre le programme sur lequel ils l'ont élu, et pour la même durée. Bref, qu'on le veuille ou non, le député de la majorité est donc bien là aussi pour soutenir.

      Savoir placer la frontière L'expérience, cela étant, montre que ça ne va pas de soi. Lionel Jospin doit une grande part de sa disgrâce de 2002 aux bons soins de sa prétendue « majorité plurielle ». Quant à François Hollande, il peut remercier ses « frondeurs » de l'avoir bien aidé à s'épargner les fatigues d'une épuisante campagne de réélection. Dans le genre, on avait rarement fait pire. Bref, l'expérience enseigne que la juxtaposition des électrons libres mène à peu près irrémédiablement à la catastrophe.

      C'est là que les choses se compliquent. Mieux vaudrait ne pas confondre le cas de conscience avec la crise d'hystérie, la fermeté de convictions avec l'enflure d'ego, le tourment de l'âme avec le petit calcul, le dévouement à l'intérêt public avec le plan de carrière. Mais gloire à celui qui saura placer la frontière et la garder étanche.

      Pour l'essentiel, comme on s'en doute, le plus gros du problème est affaire d'équation personnelle, à savoir, entre autres, de colonne vertébrale et de courage, certes, mais aussi d'intelligence, de compétence, de hauteur de vue, de pragmatisme, de sens des responsabilités, d'ouverture d'esprit, de recul, de distance à soi-même, d'aptitude à ne pas trop croire en son propre génie (et surtout pas en celui que pourrait conférer l'onction électorale), de conscience de ses propres limites, de désir d'apprendre, de volonté de savoir, de curiosité, d'humour…

      Mouton à cinq pattes

      Je sais bien que la mode est à s'interroger gravement sur les limites de la représentation politique. Mais il serait bon de ne pas oublier que nous avons d'abord et peut-être surtout besoin que nos parlementaires soient les meilleurs possible : que chacun d'eux additionne les qualités que je viens de dire, qu'ils les acquièrent lorsqu'ils n'en disposent pas déjà, que leurs successeurs soient plus excellents encore…

      Dans le fond, la question délicate n'est pas tant de savoir ce qu'est, en va-leur absolue, un bon parlementaire de la majorité. Elle est plutôt de se de-mander comment on devrait s'y prendre, sur la longue durée, pour le faire advenir, le sélectionner, l'améliorer et, surtout, pour éviter que ce mouton à cinq pattes ne se détourne de l'envie d'aller au Parlement longtemps avant d'y arriver. Vaste programme, en vérité. Nous y reviendrons.

      *Denys de Béchillon est constitutionnaliste, professeur à l'université de Pau et membre du Club des juristes. Il pratique le droit public, comme consultant, depuis plus de vingt ans. Au cours des dix dernières années, il a été plusieurs fois associé à la réflexion des pouvoirs publics sur des réformes importantes, notamment sur les modifications à apporter, ou non, à la Constitution et à son préambule.

       

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